Négociations gouvernementales : la priorité au logement

Actualité du 5 Septembre 2019

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L’accès à un logement décent et durable est un objectif primordial et indissociable de la dignité humaine. Il est également l’un des principaux facteurs d’inclusion sociale, d’émancipation et d’épanouissement des individus.

Actuellement, plus d’un wallon sur quatre vit dans un ménage présentant un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Le logement est par ailleurs le poste de dépenses le plus important des ménages. En Wallonie, le loyer mensuel moyen dans le secteur privé approche les 600 euros. Ce montant illustre, à lui seul, la nécessité de mettre à disposition des logements à loyer modéré pour opérationnaliser le droit constitutionnel à un logement décent en particulier vis-à-vis des individus victimes de précarité sociale et/ou économique.

Les opérateurs publics ont dès lors un rôle central en matière d’accès à un logement décent pour tous. A côté des communes qui détiennent de nombreux leviers en matière de logement (salubrité, lutte contre inoccupation, …), les sociétés de logement de service public (SLSP) constituent l’acteur le plus important. Elles gèrent plus de 100.000 logements d’utilité publique, soit 23 % du parc locatif wallon. Elles offrent ainsi un logement à près de 220.000 Wallons pour un loyer moyen de 264 euros par mois[1].

Le nombre de ménages-candidats locataires à un logement d’utilité publique reste cependant très important. Il avoisine les 40.000 ménages (soit environ 90.000 Wallons) en 2018. Ce nombre n’a d’ailleurs jamais réellement baissé ces dernières années, malgré les politiques de création de logements publics et de captation des logements privés menées par les acteurs publics. De plus, face au dynamisme du secteur privé, l’écart tend à se creuser entre le nombre de logements publics et le nombres de logements privés.

Les indicateurs et perspectives démontrent que les besoins en termes de logements publics ne vont cesser de croitre à l’avenir : augmentation de la démographie (+ de 350.000 nouveaux ménages d’ici 2050), vieillissement de la population, phénomène de décohabitation et évolution de la composition des ménages impliquant une augmentation de l’offre et de nouvelles typologies du logement. Ces indicateurs supposent également un risque de croissance de la précarité des ménages wallons à l’avenir. Le manque de logements à loyer modéré va certainement s’accroitre au cours des prochaines décennies. Les pouvoirs publics doivent impérativement y répondre en mettant en place un vaste programme stratégique de création de nouveaux logements d’utilité publique.

En outre, la qualité du parc existant de logements d’utilité publique est aussi au centre des enjeux. Plusieurs programmes importants d’investissement ont d’ailleurs permis par le passé d’en assurer la rénovation partielle (PEI et PIVert notamment). Le Plan wallon d’investissement, initié par le Gouvernement sortant, a également pour ambition la rénovation profonde de plusieurs milliers de logements publics actuellement inoccupés ou devant faire l’objet d’une rénovation énergétique.

Toutefois, un nombre important de logements, non concernés par ces programmes, nécessitent urgemment des rénovations importantes en termes de confort, mais également de salubrité et de sécurité. L’évolution du coût de l’énergie et la lutte contre la précarité énergétique impliquent également la poursuite de l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. La rénovation énergétique massive des logements publics à l’horizon 2040 et 2050 fait d’ailleurs partie des mesures avancées dans le cadre des travaux sur le pacte énergétique interfédéral.

Si les besoins sont importants, on relèvera d’emblée que les SLSP, premiers gestionnaires de ces logements d’utilité publique sont confrontées à un équilibre financier très précaire et à l’absence de capitaux suffisants pour assurer la maintenance et l’extension du parc de logement public. Le modèle actuel de financement des SLSP repose principalement sur des recettes locatives, dont les montants sont plafonnés par l’autorité régionale, ainsi que sur des subsides à l’investissement, dont la part de cofinancement régional s’avère trop faible. Ce modèle ne permet pas la constitution d’un fonds de réserve destiné à l’entretien courant et à la rénovation future du parc de logement. De plus, ces dernières années, les subsides à l’investissement ont fait l’objet de plusieurs reports et leur avenir reste incertain, en particulier en ce qui concerne le programme triennal d’ancrage dont le dernier remonte à la période 2014-2016. Outre le report d’investissements, cette situation pousse d’ailleurs certaines sociétés à vendre une partie de leur patrimoine pour tendre à l’équilibre financier et permettre la maintenance minimale de leur parc.

Au regard de ces constats, l’Union des Villes et Communes rappelle, en cette période de négociations gouvernementales, que la politique du logement doit être une politique prioritaire pour les prochaines années en Wallonie. Une réponse rapide, efficiente et adaptée doit impérativement être apportée. L’importance des enjeux requiert d’y consacrer l’ensemble des moyens nécessaires afin de mettre sur pied une politique harmonieuse, pérenne et adaptée aux besoins d’intérêt général.

Cette politique doit être concertée avec les différents acteurs de référence, en particulier l’Union des Villes et Communes de Wallonie. Elle doit être fondée sur une vision à long terme, tant dans ses objectifs que dans ses moyens à mettre en œuvre.

 


[1] Au 1er janvier 2017.

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Ce document, imprimé le 17-09-2019, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be).
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