Etude Belfius: les finances des CPAS et des zones de police en 2014

Actualité du 2 Février 2015

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Forte de son expertise dans le domaine des finances publiques, Belfius Banque a réalisé une nouvelle analyse exclusive de la situation financière des CPAS et des zones de police en Belgique. Les premiers résultats de cette étude vous sont livrés ici en primeur. Le lecteur trouvera la totalité de l'étude en annexe.

De nombreux défis exercent une pression financière sur les CPAS et les zones de police

Au cours de ces prochaines années, tant les CPAS que les zones de police seront confrontés aux charges croissantes liées à  la mise en œuvre de la réforme des pensions du personnel statutaire. En raison de la proportion très différente du personnel statutaire (95 % pour les zones de police contre 25 % seulement en moyenne dans les CPAS), l’origine du surcoût résultant de la réforme diffère fondamentalement entre ces deux catégories d’institutions. Schématiquement, l’impact pour les zones de police s’opère principalement au travers de la hausse de la cotisation de base (de 27,5 % en 2011 à 41,5 % en 2016). Pour les CPAS et les hôpitaux publics (où le personnel statutaire est en fort recul, voire en extinction), l’évolution du coefficient de responsabilisation deviendra davantage déterminante. Cette cotisation est uniquement à charge des administrations pour lesquelles les charges de pension individuelles sont supérieures aux recettes des cotisations de base versées.

Les mesures d’exclusion de chômeurs de longue durée ainsi que la dégressivité des allocations de chômage risquent d’accroître le nombre d’ayants droit au RIS.  La paupérisation s’illustre notamment par ce nombre croissant de bénéficiaires du RIS.

Les mesures d’assainissement budgétaire adoptées dans le cadre du pacte de stabilité budgétaire s’appliquant à tous les échelons des pouvoirs locaux se reflètent clairement dans le budget 2014. En Flandre, ces mesures se traduisent dorénavant dans les nouveaux critères d’équilibre  du BBC. En Wallonie, ces mesures d’assainissement s’illustrent clairement dans les grandes tendances du budget.

Les finances des CPAS en 2014

L'analyse financière des CPAS repose sur la collecte des données financières les plus récentes dans les trois régions du pays avec le soutien des Unions des Villes et des Communes (section CPAS).

Elle diffère toutefois pour les trois régions du pays étant donné que les CPAS wallons, flamands et bruxellois disposent de leur propre système comptable. Les notions comptables pouvant diverger d’une région à l’autre, il est difficile, voire impossible, de procéder à une comparaison des éléments de recettes et de dépenses ainsi que des soldes comptabilisés.

Les principales tendances d’évolution qui se dégagent globalement selon les budgets 2014 et les comptes 2012 et 2013 des CPAS sont les suivantes :

  • Comparativement aux tendances des années précédentes, les CPAS des 3 régions prévoient dans leur budget d’exploitation 2014 une progression limitée de leurs dépenses totales d’exploitation (évolution de l’ordre de moins de 1% en région bruxelloise et wallonne par rapport au budget de l’année précédente, et croissance annuelle attendue de 1.7% entre 2014 et 2019 en région flamande). A l’origine de cette faible évolution, on peut souligner d’une part l’impact des mesures d’assainissement budgétaires et d’autre part la diminution des demandes d’aide sociale suite à la diminution des demandes d’asile enregistrées en 2013.
  • Autre signe des mesures de restrictions budgétaires : le volume des investissements des CPAS qui connaît un net recul  dans les 3 régions. Si les régions wallonne et bruxelloise prévoient une diminution de leurs  investissements entre 2013 et 2014 de l’ordre de respectivement 9 et 12%, la Flandre présage également une réduction progressive continue de ces investissements jusqu’en 2019 dans son plan pluriannuel (réduction estimée à 66% entre 2014 et 2019). Les investissements sont principalement réalisés en faveur des maisons de repos.
  • Etant donné la récupération partielle des dépenses d’aide sociale auprès de l’Etat fédéral, les interventions en matière de DIS et de DAS continuent à peser sur l’équilibre financier des CPAS et ce malgré une diminution ou une croissance limitée du budget global du service social .
  • Les CPAS sont confrontés à la réforme des pensions du personnel statutaire qui impacte progressivement les dépenses de personnel suite aux différentes hausses de cotisation. Toutefois, les chiffres du budget 2014 illustrent clairement les efforts réalisés par les CPAS pour maitriser la croissance  de leurs coûts de personnel : la croissance attendue reste en effet largement inférieure au taux de progression moyen de la précédente législature. Les CPAS wallons limitent leur taux de croissance à 1.1% et les CPAS bruxellois à 3.4%. Les plans pluriannuels des CPAS flamands indiquent que les efforts les plus soutenus sont prévus en 2014 et 2015 avec un taux d’évolution initial de l’ordre de 1% pour évoluer par la suite vers les 2%.
  • Si les soldes budgétaires observés sont relativement proches de l’équilibre, il convient cependant d’y associer les montants de la dotation communale qui viennent en compensation des déficits d’exploitation enregistrés. La dotation communale s’élève en moyenne à EUR 155 par habitant avec d’importantes disparités selon les communes et les régions: Dotation des communes flamandes : 144 EUR/hab, Dotation des communes wallonnes : 125 EUR/hab, Dotation des communes bruxelloises : 261 EUR/hab.
  • Le nouveau cycle de politique et de gestion (le nieuwe beleids- en rapporteringscyclus, en abrégé BBC) fixe de nouveaux critères en matière d'équilibre pour les CPAS flamand: le résultat en base de caisse se révèle positif en 2014, la marge d'autofinancement est légèrement  positive. Seulement 30% des CPAS ont une marge négative. Cette dernière doit être compensée dans le courant des années 2015-2019 pour atteindre l’équilibre en 2019.
  • L’endettement des CPAS présente de fortes disparités entre les régions et dépend de l’importance des investissements et de leur type de financement.  On relèvera en outre que la part de la dette à court terme est proportionnellement plus importantes au niveau des CPAS que la moyenne des pouvoirs locaux en raison du préfinancement structurel de l’aide sociale: Dettes 2012 des CPAS flamands : 389 EUR/hab, Dettes 2013 des CPAS wallons : 263 EUR/hab, Dettes 2012 des CPAS bruxellois : 544 EUR/hab.

Les chiffres présentés dans cette analyse sont des moyennes régionales. Davantage encore que dans le cas des communes, les budgets et comptes des CPAS présentent des disparités individuelles selon le contexte socio-économique local et selon l’étendue des services offerts directement par les CPAS (existence ou non d’une maison de repos, de services d’aide à domicile, d’une cuisine centrale,….).

Les finances des zones de police en 2014

L'analyse des zones de police s’appuie sur les budgets 2014 qui font l’objet de comparaisons par rapport aux budgets de l’exercice précédent. Pour la réalisation de cette étude, nous avons pu compter, pour l’exercice 2014, sur les données budgétaires de 181 zones qui représentent 93,6 % de la population totale. Les données manquantes font l’objet d’une extrapolation en se basant notamment sur l’effectif policier dans les différentes zones.

Les principales tendances d’évolution qui se dégagent globalement des budgets 2014 et des comptes 2012 des zones de police, sont les suivantes :

  • Une zone de police regroupe en moyenne trois communes, compte 57 182 habitants et dispose d’un corps de police de 171 agents. Ces chiffres moyens diffèrent toutefois fortement selon les régions et surtout selon la typologie basée sur le niveau d’urbanisation.
  • Les dépenses ordinaires totales progressent modérément (+3,1 %) en 2014 contre 3,5 % en 2013 et près de 5 % en 2012. La croissance de ces dépenses en 2014 est toutefois plus prononcée à Bruxelles (+4,3 %) que dans le reste du pays (+2,9 % en Wallonie et +2,8 % seulement en Flandre).
  • Les dépenses de personnel sont largement prédominantes (85,9 %) et subissent à nouveau l’influence des effets de la réforme des pensions du personnel statutaire (hausse des taux de cotisation de base).
  • Les budgets des zones de police sont alimentés par deux sources de financement principales venant des autorités fédérales (la dotation fédérale et des dotations complémentaires), d’une part, et des communes (la dotation communale), d’autre part. La dotation communale s’élève en moyenne à EUR 152 par habitant et couvre à elle seule plus de 60 % des recettes ordinaires.
  • Le solde dégagé à l’exercice propre se stabilise à près de EUR 30 millions en 2014. Cet excédent est toutefois principalement concentré au niveau des zones de police en Flandre (EUR 26 millions, soit 87 % du montant total) alors que cet excédent n’avoisine que les EUR 2 millions tant en Wallonie qu’en Région bruxelloise.
  • La dette financière s’élève en moyenne à EUR 52,4 par habitant, mais est contractée principalement pour financer des investissements (commissariat, équipements, véhicules…). Les charges de la dette (intérêts et amortissements) ne représentent que 2,6 % des dépenses ordinaires totales.
  • Sur la base des budgets, les projets d’investissement des zones de police sont en recul structurel depuis 2009. Ils ne s’élèvent qu’à EUR 13,8 par habitant en 2014 contre près de EUR 20 par habitant en 2009.
  • Selon les normes SEC, qui servent de référence pour le suivi des objectifs budgétaires européens, les zones de police présentent un besoin de financement qui oscille entre EUR 243 millions en  2010 et EUR 89 millions en 2013.

Pour plus d’infos : press@belfius.be - + 32 2 222 02 50

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Ce document, imprimé le 30-03-2017, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be).
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