Centres de vacances – formation des animateurs: l’Union interpelle la Ministre de l'Enfance, de l'Aide à la Jeunesse et de la Santé

Actualité du 23 Mars 2009

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L’Union des Villes et Communes de Wallonie a pris connaissance de l'avant-projet de décret relatif aux centres de vacances, texte au sujet duquel elle a jugé nécessaire de faire aux différents Ministres concernés, et plus particulièrement à la Ministre de l’Enfance, de l’Aide à la Jeunesse et de la Santé, un certain nombre d’observations.

La matière des centres de vacances est très connue des pouvoirs locaux qui sont nombreux à organiser des plaines communales pendant certains congés scolaires. Ce service rendu à la population est extrêmement important pour les villes et communes qui considèrent qu'il est de leur devoir d'offrir la possibilité aux enfants de bénéficier d'animations adaptées à leurs besoins pendant les vacances et de permettre à leurs parents de concilier vie professionnelle et vie familiale.

La qualité de l'encadrement de ces centres de vacances est évidemment indispensable. Toutefois, il nous semble que l'existence même de tels centres de vacances l’est tout autant.

Or, à vouloir imposer de trop grandes normes d'encadrement et de qualité d'encadrement, il existe un risque de voir les villes et communes (et peut-être même d'autres opérateurs) quitter la structure des centres de vacances telle qu'imposée par le décret. Cela n’est évidemment pas souhaitable pour le secteur des centres de vacances. Dès lors, il nous semble nécessaire de définir les normes de qualité de manière telle qu’elles permettent aux villes et communes de continuer à organiser ce type d'accueil.

C'est la raison pour laquelle nous sommes satisfaits de constater que suite à notre action, l'avant-projet de décret qui est passé en deuxième lecture ce vendredi 13 mars 2009 au Gouvernement de la Communauté française a réintroduit les "assimilations" au bénéfice du personnel d’encadrement.

Rappelons sur ce point, que la version précédente avait imposé qu'un animateur sur trois soit breveté, tout en supprimant les assimilations et donc en imposant une formation théorique de 150 heures (et 150 heures de formation pratique) à un tiers des animateurs et coordinateurs. Cela avait pour conséquence un accroissement des coûts liés à la formation et un risque de pénurie d'animateurs, ce qui aurait été un véritable désastre pour les plaines communales.

En effet, pour les villes et communes wallonnes, il est très difficile de trouver des coordinateurs et des animateurs brevetés pour leurs plaines de vacances. Outre le fait que les brevetés sont rares, qu’ils le seront d’autant plus que les brevets seront moins accessibles, et qu’ils requièrent une rémunération plus importante, il convient de se rendre compte que, sur le terrain, nombreux sont les animateurs et coordinateurs qui ne possèdent pas le brevet de formation mais qui sont néanmoins compétents au vu des expériences passées. Il est dès lors primordial que le décret puisse refléter cette réalité.

Sur ce point, la nouvelle version du texte en projet nous semble donc bien plus satisfaisante que la précédente. Nous constatons néanmoins que, pour pouvoir bénéficier de cette assimilation, après la date du 1er octobre 2010, il faudrait suivre une formation de maximum 40 heures. Il est évident que la durée de cette formation est nettement moins importante que ce qui était prévu à la base (150 heures de formations théoriques); toutefois, nous nous inquiétons du risque de peu d'attrait de cette formation pour les personnes qui disposent déjà d'une expérience et/ou d'un diplôme qui se rapproche des compétences nécessaires pour les centres de vacances. Nous pensons qu'un danger existe de voir les candidats animateurs et/ou coordinateurs assimilés diminuer de manière importante, ce qui pourrait, à terme, porter un préjudice au secteur.

Dès lors, nous restons convaincus que cette formation complémentaire doit être la moins lourde en termes de temps afin d'avoir un nombre de candidats adéquats. Nous espérons donc que le Gouvernement tiendra compte de cela lorsqu'il arrêtera le contenu de cette formation complémentaire.

En outre, afin de vérifier que cette formation de 40 heures maximum ne pose pas de problème pour le nombre de candidats, il nous semblerait adéquat de prévoir une période de transition, de deux ans minimum (à partir du 1er octobre 2010), pendant laquelle une évaluation pourrait être faite. Cette évaluation permettrait de vérifier que le nombre de candidats ne diminue aucunement que ce soit suite à un manque d’attrait de la formation ou suite à une impossibilité pour les centres de formation de répondre à la demande. Si, par contre, le constat se fait qu'il n'y pas assez de personnes formées, il devrait être prévu que le Ministre compétent puisse permettre aux personnes assimilées d'être encore reprises sans formation complémentaire; cela dans un but d'éviter la pénurie d'animateurs et de coordinateurs assimilés.

Par ailleurs, imposer que l'expérience utile ait lieu au sein d'un centre de vacances agréé pour l'assimilation nous semble également une condition trop importante. Nous souhaiterions qu'une expérience utile dans d'autres lieux que les centres de vacances agréés où les pratiques pédagogiques et exigences de formations des animateurs existent soit prévue.

Nous sommes satisfaits de constater que la subvention pourra être obtenue même lorsque le personnel est assimilé.

Néanmoins, il est important de rappeler que celle-ci est insuffisante. En effet, la subvention couvre en moyenne 10 à 15 % des frais engagés pour l'organisation de la plaine. Le reste est payé en partie par les parents et par la commune; sachant que pour permettre une contribution minimum aux parents dans un souci d'accessibilité des plaines, les villes et communes doivent intervenir pour près de 50 % du coût de la plaine. Il est dès lors important que ce secteur actuellement sous-financé puisse bénéficier de moyens supplémentaires.

Par ailleurs, il nous semblerait pertinent de permettre la subvention même lorsque le coordinateur ou l'animateur est en période de stage.

Enfin, en ce qui concerne la composition de la commission générale d'avis qui est instituée par l'avant-projet de décret, nous réitérons notre demande de voir les mandats des représentants de l’Union des Villes et Communes de Wallonie et de l’Association des Villes et Communes de la Région de Bruxelles-capitale renouvelés à chaque fois et non juste une fois.

Les avis d’une telle commission n’intervenant que tardivement dans les processus législatifs et réglementaires, et ne s’assimilant pas au positionnement des villes et communes, qui sont pourtant d’incontournables partenaires institutionnels des instances communautaires et régionales, nous en profitons pour rappeler qu'il nous semble essentiel, pour assurer la praticabilité et le succès des projets susceptibles d'impliquer ou d'affecter les pouvoirs locaux ou leurs finances, de les associer par le biais de l'Union des Villes et Communes de Wallonie, comme cela a été le cas pour le texte examiné en deuxième lecture.

Renseignements: Sylvie Smoos

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