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EMAS Easy – Alain Maes, consultant : «Manquer d’ambition serait très coûteux »

Octobre 2008
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Nous ne pouvions clôturer ce dossier consacré à la démarche qualité dans les communes sans évoquer une dernière approche baptisée EMAS Easy. La Commission européenne soutient en effet EMAS Easy qui a pour ambition de permettre à des PME, mais aussi aux pouvoirs locaux, de mettre en œuvre un système de management environnemental adapté à leur taille et à leur contexte. Rencontre avec Alain Maes, consultant pour la société Emergence Consulting Network, membre de la plateforme belge chargée de sensibiliser les communes à cette nouvelle démarche.

- M.C. : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’approche EMAS Easy ?

- Alain Maes : «Ce programme vise à renforcer les capacités des PME et des pouvoirs locaux des pays européens à mettre en œuvre le système communautaire de management environnemental et d'audit EMAS à l'aide d'outils de gestion environnementale. L’outil est, pour des raisons évidentes de coûts, adapté à leur taille et à leur contexte. C’est une manière de structurer l’approche qualité des communes en matière de développement durable».

- Qu’est-ce qui la différencie des autres certifications, comme l’ISO, par exemple ?

- «D’abord, elle n’est pas exclusive des autres. On peut même dire qu’EMAS est l’approche environnementale de l’ISO, en quelque sorte. Elle est particulièrement intéressante pour les communes car elle prend à bras le corps progressivement l’Agenda 21. L’écart entre l’ISO 14.000 et EMAS n’est pas très grand. En EMAS, on doit être au-delà du cadre réglementaire. L’obligation de communication est également beaucoup plus forte en EMAS. Si les objectifs n’ont pas été atteints, l’organisation doit s’atteler à réfléchir en toute transparence sur les moyens supplémentaires à fournir. En EMAS, on ne parle pas de certification, mais plutôt de reconnaissance. Cette reconnaissance est aujourd’hui, en Belgique, aux mains des Régions. Mais les approches de validation de deux systèmes sont très complémentaires».

- Il semble surtout que la différence soit financière…

- «Il y a en effet une grande différence de coût. C’est pour cela que nous avons mis en place l’approche EMAS Easy, par une volonté d’aller plus vers l’essentiel. C’est surtout valable pour les plus petites organisations. EMAS Easy correspond mieux, en matière de procédures, à la convivialité des petites communes. Elle permet notamment aux communes d’obtenir un audit de moins grande durée».

- Vous semblez être un ardent défenseur de la certification. Pensez-vous que ce soit un passage obligé pour les pouvoirs locaux qui voudraient se lancer dans une démarche qualité ?

- «Ce n’est pas aussi simple. Pour une commune, il ne faut en tout cas pas s’engager dans une démarche qualité pour obtenir une certification. Il faut le faire dans un souci de plus grande collégialité et de transversalité de l’organisation. EMAS Easy est un tremplin vers les systèmes de management intégré dans lequel on devrait trouver l’Agenda 21. C’est un projet mobilisateur pour la majorité politique qui voudrait en faire un outil de convergence. Pour l’ensemble des fonctionnaires, c’est une nouvelle façon d’appréhender la réalité, avec la possibilité d’en tirer un profit, de mieux utiliser les ressources internes. Face aux efforts déployés et aux changements de comportements nécessaires à une telle démarche, la certification est donc un plus. Je peux comprendre que certains hésitent à être certifiés. Mais je pense qu’à terme, ils y arriveront. Parce qu’il s’agit là d’un aiguillon extérieur fort qui réveille tout le système. Manquer d’ambition serait, à mon sens, très coûteux».

- Quel est votre rôle, comme consultant, dans l’EMAS Easy ?

- «Comme consultant, mon rôle est de voir, au départ, si on réunit assez de conditions pour faire quelque chose de mobilisateur. On apporte la possibilité à la direction de mieux comprendre les enjeux. Il s’agit d’une approche générale où on essaie de voir quels sont les besoins. On propose ensuite une phase d’état des lieux, ce qui nous permet de détecter les potentialités d’accompagner l’équipe. Notre idée est de transmettre le savoir en construisant avec les gens. C’est donc une démarche tout à fait participative. On offre ensuite notre accompagnement : on forme les dirigeants, les conseillers en environnement, ainsi que les auditeurs internes. Car c’est la force d’EMAS: il faut organiser des audits internes. Nous accompagnons donc les personnes qui sont chargées de ces audits».

- Quelle la philosophie apportée par ce programme ?

- «Nous travaillons avec un réseau européen. L’idée est d’apporter aux communes le même niveau de compétences que les grandes structures. Pour limiter les coûts financiers, nous essayons de former des relais qui peuvent eux-mêmes assurer des formations dans l’organisation. Nous faisons ensuite du tutoring. Tout au long de la démarche, on favorise la collaboration entre les communes. Les audits sont croisés pour créer une solidarité entre les communes».

- Il semble que Dexia se soit intéressée à vos services…

- «Nous avons en effet été contactés par Dexia Performance afin de croiser les expériences vécues. Il faut dire qu’aujourd’hui, tous consultants confondus, il n’y a pas encore beaucoup d’expérience. Nous sommes convaincus que le rapprochement améliore le service rendu et qu’il ne s’agit pas ici de concurrence puisque tous les outils sont complémentaires».

- Que conseillez-vous aux communes qui voudraient opter pour une démarche EMAS Easy ?

- «Il faut d’abord que la commune ait la volonté d’entrer dans une telle démarche. Si on veut affronter l’incertitude, il n’y a pas le choix : il faut ouvrir le système et construire de manière solide. On revisite les structures fondamentales de l’organisation de sorte qu’on développe de nouveau contexte dans lequel de nouvelles choses peuvent apparaître, des émergences dans lesquelles on va construire quelque chose de neuf. Dans une commune, on doit donc transcender les divisions, mais pas de façon anarchique. Pour un secrétaire communal, pouvoir agiter son organisation de manière à le sécuriser grâce à un référent, c’est un énorme atout».

- Vous pensez que, d’ici quelques années, toutes les communes devront opter pour une démarche qualité ?

- «Je pense en tout cas qu’il serait souhaitable que tous les pouvoirs locaux y réfléchissent. Il leur faudra, en tout cas, se rapprocher d’auditeurs qui connaissent bien le domaine communal. Je suis partisan d’une vérification externe indépendante. Pas nécessairement la Région… Cela peut-être pris en charge par des municipalistes, par exemple. Ce serait une manière de se faire reconnaître par ses pairs. Il faut en tout cas prévenir, et non guérir, et pouvoir analyser ses processus en un système intégré. Je pense que l’Union des Villes et Communes de Wallonie pourrait aider à cela: rassurer le politique, faire comprendre que se fixer des objectifs, ce n’est pas pénalisant».

- C’est le citoyen qui parle, là, pas le consultant…

- «En tant que citoyen, je trouverais en tout cas souhaitable qu’il y ait de plus en plus de secrétaires communaux, de directions, de collèges qui prennent à bras le corps une telle démarche. Cela ne peut être que bénéfique pour nos deniers publics et pour le service rendu aux citoyens».

Renseignements :
Alain Maes
Emergence Consulting Network
59, rue Vandermeersch – 1030 Bruxelles
02 245 16 76


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