Crisnée: "Mettre la commune au cœur de la préoccupation citoyenne"

Alain Depret - Février 2006
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Conseiller expert - Secrétaire de rédaction du Mouvement communal

A Crisnée, il est un leitmotiv qui guide l'action communale: l'institution locale doit provoquer le débat. Philippe Goffin, son Bourgmestre, incite ainsi la population à participer à la vie citoyenne grâce à une politique de communication proactive. Depuis décembre, par exemple, en matière de prévention Sida, Crisnée informe quiconque emprunte les routes traversant le village.

M.C.: Il semble que la commune de Crisnée ait une politique de communication proactive dans pas mal de domaines…

Philippe Goffin: En effet. On se plaint souvent, en Wallonie, d'un déficit de démocratie. Je fais donc partie de ceux qui croient que c'est avec un service public proactif qu'on rendra la confiance en sa commune. L'animation citoyenne, pour toute commune, se doit de perdurer en dehors des périodes d'élections.

Cette conception est due à votre jeunesse, vous croyez?

Je ne pense pas. La volonté d'informer, c'est dû au ressenti de chacun. On ne surinforme jamais assez les gens dans certains domaines, notamment celui de la santé. En commençant mon mandat, mon objectif était de remettre la commune au cœur des préoccupations des gens. J'ai fait, par exemple, le pari de raconter tous les mois aux citoyens ce qui se passe dans la commune, sous forme de lettre ouverte, en y donnant des infos qui parlent à tout le monde, proches des gens.

C'est pourtant le bulletin communal qui doit assumer ce rôle?

L'outil bulletin communal est tellement lisse, tellement promotionnel. J'ai préféré, dès le départ, privilégier d'autres moyens. On travaille beaucoup sur notre site internet à Crisnée, par exemple. A mon sens, en matière de communication, il faut dépoussiérer l'institution communale, il faut y aller sans retenue.

Vous utilisez également l'espace public de manière inhabituelle…

Les deux routes nationales qui traversent Crisnée, considérées très longtemps par la commune comme handicapantes, constituent un lieu de liaison privilégié entre les villages avoisinants. On a beaucoup travaillé sur cette possibilité grâce à une bonne collaboration avec le MET. Ces routes nationales sont le premier signal positif de bienvenue quand on arrive chez nous. Il y a 4.500 véhicules qui y passent par jour, ce n'est pas rien. A Crisnée, pour ceux qui se déplacent en voiture, la montée vers l'autoroute est obligatoire. Ce lieu est donc devenu un lieu de communication.

Que faites vous donc de particulier en matière d'information à Crisnée?

A la sortie de l'autoroute, nous avons une SMS zone. Nous avons la possibilité d'afficher un message différent toutes les semaines, sous la forme du langage SMS. Notre message y est souvent bilingue, puisque nous avons la chance d'avoir une commune voisine flamande. Depuis trois ans, nous y installons des bougies géantes dans le cadre des actions d'Amnesty International. Nous avons également mis sur pied une grande campagne de sensibilisation à la sécurité domestique avec Ethias, sous forme d'un guide distribué en toutes-boîtes.

Et cette année 2006 sera celle de la campagne prévention Sida?

Au centre de notre commune, il y a une pierre de trois mètres de haut qui représente une ancienne borne de la voie romaine. Mon idée était d'abord d'y installer un préservatif géant pour sensibiliser tous les automobilistes. Il y avait pourtant, au sein des élus, une certaine inquiétude. Je me suis donc rendu à l'évidence: la commune, bien qu'elle doive à mon sens inciter au débat, n'a pas le droit de l'imposer. Nous avons donc finalement opté pour la pose d'un ruban rouge sur la nationale à partir de décembre. L'idée est vraiment d'inciter les familles à en discuter à la maison. Cela fait partie, à mon sens, des responsabilités d'une commune.

Et pourtant, il y a fort à faire dans une commune. Vous pensez réellement qu'il est possible de dégager du temps pour ce genre de campagne d'information?

C'est vrai que notre réalité n'est pas celle des grandes villes. J'admets que nous avons la chance que Crisnée soit une petite commune très ramassée, où il est donc facile d'informer rapidement et à moindre coût. J'estime pourtant, d'une manière générale, que la commune doit être un réel acteur du débat. On veut aller plus loin en ce qui concerne la campagne de prévention Sida: nous allons sensibiliser un groupe de jeunes de chez nous. Ceux-ci distribueront, en parallèle, des permis d'aimer dans les lieux publics de Crisnée. Nous avons, malheureusement, pas mal d'endroits chauds chez nous et il faut vraiment que nous travaillions là-dessus.


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