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Témoignages

En octobre 2001, à la demande de la commission Solidarité Oupeye, le Conseil communal d'Oupeye a, dans un premier temps, adhéré à la Charte "Notre Commune, ce n’est pas le bout du monde". Ce n'est que 3 ans plus tard, fin 2004, qu’il a adopté une motion pour un partenariat avec un pays du Sud. Avec l’aide de l’ONG Autre Terre, nous avons pris contact avec la Commune de Gourcy au Burkina Faso.

 

Les 2 Communes ont ensuite déposé auprès de Wallonie-Bruxelles International (WBI) un projet axé sur l’amélioration des espaces publics dans le cadre du Programme de Coopération décentralisée, qui, échelonné sur 2 ans, a débuté en 2007.

La Commune de Gourcy devait idéalement poursuivre seule les actions engrangées, mais il faut savoir que le processus de décentralisation de l’Etat burkinabé date de 1990 et que la communalisation s’est mise en place très lentement, notamment pour les communes rurales. Gourcy, en 2007, était une commune nouvelle. Politiques et fonctionnaires, en place depuis un an à peine, souffraient d’un manque de ressources financières, humaines et matérielles ainsi que d’un manque d’expérience dans les différents domaines de compétences. Sur base de ce constat, nous avons pris connaissance du Programme fédéral de Coopération internationale communale, qui répondait à notre attente. Nous y avons adhéré en 2008.

- Commune d'Oupeye

C’est suite à la déclaration de politique générale du Conseil Communal en 2007 que la Ville de Namur s’est engagée à prendre part au Programme de CIC. Cette déclaration précisait que "la Commune doit prendre sa part dans l’aide au développement et l’accompagnement des processus démocratiques. Cette coopération décentralisée se conçoit comme une fraternité inter-municipale centrée sur le partage des ressources liées aux métiers de la commune".

Une première charte de jumelage a donc été signée et une première mission administrative programmée pour Masina en 2007. C’est à ce moment-là que nous nous sommes inscrits dans le Programme de CIC.

Ce fut un choix délibéré de concentrer nos efforts sur un seul partenariat.

– Ville de Namur

Le partenariat de Commune à Commune reste très proche des réalités locales. La communication de personne à personne crée des liens, des échanges dynamiques et des réponses rapides sur des thématiques précises.

Le respect mutuel est au centre de l’échange et ce respect est une conquête faite de confiance, d’estime et de professionnalisme.

De plus, la connaissance du territoire de l’autre est le fondement d’un partenariat réussi. Le principe de "vis ma vie" permet de partager le bien comme le moins bien de chaque Commune; échanger dans la réciprocité est un gage de réussite.

- Commune de Bouillon

La coopération internationale communale confère plusieurs avantages comparatifs. Grace à une intervention directe, ciblée et systémique sur les territoires, elle échappe à la lourdeur et à la complexité du circuit de la coopération bilatérale. La principale spécificité de la coopération internationale réside dans le caractère de ses acteurs, les communes, qui sont le niveau d’administration publique le plus proche de la population, et par conséquent le plus sensible aux nécessités du développement local.

Construite au niveau micro autour d’une relation à visage humain maîtrisable et incorporant des aspects non marchands et non monétaires, elle axe son intervention davantage dans le renforcement institutionnel et technique des territoires (planification locale, services publics locaux, maîtrise d’ouvrage, autonomisation financière,...).

Sans perdre de vue de vue que, bien que la coopération internationale implique un transfert de fonds, elle ne s’y limite pas et la nature de ce transfert revêt un enjeu plus stratégique, à savoir que la coopération devient une collaboration horizontale plus durable et non un geste ponctuel d’aide. L’échange d’expériences facilite le transfert de connaissances, d’informations et de techniques de gestion.

Au regard des nombreuses incidences enregistrées (mise en réseau, mise en œuvre de projets structurants, renforcement du partenariat local avec la société civile, organisation de la cogestion des déchets, mobilisation des ressources financières locales, modernisation de l’état civil,…) le Programme de CIC se positionne comme l’un des meilleurs mécanismes d’accompagnement stratégique au processus de décentralisation ainsi qu’à la construction de dynamiques de gouvernance territoriale et de processus de développement local dans les territoires du Sud.

– Commune de Kombissiri

Débarquer en RDC n'est pas chose aisée. Nous avons dû appréhender le Programme et ses complications administratives mais surtout aussi nos partenaires, leur façon de travailler, leurs besoins propres et concilier les budgets alloués et les actions à entreprendre.

Au quotidien, nous rencontrons peu de problème pour mettre en oeuvre nos projets. Nous regrettons cependant le fait que les partenaires, mais cela semble être général en RDC, ne pérennisent pas suffisamment, eu égard à la situation particulière du pays, les actions, notamment au niveau de l'entretien du matériel fourni.

- Commune de Flémalle

Au début du Programme, nous devions rentrer des projets annuellement. La procédure d'élaboration et d'approbation du projet par le bailleur de fonds laissait peu de temps à sa mise en œuvre. A l'heure actuelle, la programmation pluriannuelle est une avancée intéressante. Toutefois, la mise en œuvre des projets reste compliquée en fonction de la mécanique et des échéanciers des budgets communaux, tant au Nord qu'au Sud. Le travail en concertation avec les autres Communes du Nord et du Sud a permis de dynamiser et de donner une autre dimension à notre Programme.

– Ville de Lessines

Dans toutes relations humaines et particulièrement Nord/Sud avec des différences de culture et de langue, des difficultés surviennent, mais il revient aux acteurs de travailler à les minimiser.
D'autre part, la coopération rencontre un certain nombre de difficultés d'ordre juridique, institutionnelet pratique, quipèsent sur sa bonne exécution, telles que par exemple certaines dispositions du Code des collectivités locales qui ne permettent pas véritablement aux entités locales de jouer pleinement leur rôle, notamment du fait de missions toujours assumées par des services déconcentrés de l'Etat. Ou encore certaines contraintes liées aux procédures budgétaires propres à un pays, l'inexistence d'un Service en charge de la coopération décentralisée au sein de la Commune, ou enfin la difficulté d'impliquer l'ensemble de la population dans les actions de coopération.

Pour y remédier, au moins en partie, nous misons sur l'organisation de séances de renforcement des capacités à destination des conseillers régionaux et d'autres acteurs impliqués au niveau local, mais aussi sur la concertation entre acteurs afin d'aplanir les difficultés de gestion financière, ou encore par la responsabilisation d'une structure locale (association communale) pour la mise en œuvre de certaines activités directes avec la population.

– Commune de Kombissiri

Les bénéfices engrangés sont multiples et multiformes; on peut citer l'amélioration des conditions de vie et de travail des populations et du personnel de l’administration communale, mais aussi le renforcement des compétences et capacités des travailleurs et des populations de l’arrondissement.

- Arrondissements 1 et 2 de Ouagadougou

Pour la Commune béninoise, notre apport dans l'organisation et l'efficacité, l'énergie et l'enthousiasme insufflés, qui ont donné une autre vision et une autre volonté. Le sentiment que "tout" est possible avec la volonté et le travail et qu'aucune situation n'est définitivement désespérée ou désespérante, est certainement un apport important.

Pour la Commune belge, les sourires, la gentillesse, le bon sens des partenaires, leur courage, le cheminement réalisé par les enfants des villages jusqu'aux bancs de l'université, les conditions de santé au milieu de nulle part, la coexistence pacifique de toutes les religions et croyances, sont autant de leçon de vie pour nous autres nantis du Nord.

– Commune de Tintigny

La Déclaration universelle des droits de l’homme dit: "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité".

Le développement des pays du Sud doit promouvoir une qualité de vie dont la population locale sera la première bénéficiaire; en générant de l’emploi, on limite indirectement la volonté de vouloir quitter le pays pour d’autres pays, d'où une diminution de l’émigration.

L’échange de bonnes pratiques quant à lui sert de levier pour aider le pays à promouvoir une économie et un développement durable qui produira des effets sur l’ensemble de la planète, favorisant une diminution du réchauffement climatique.

Le partage d’expériences Nord-Sud met en valeur les capacités communales du Nord et donne aux agents une image positive de leur travail, qui voient notre savoir-faire communal s’exporter.

Les échanges interculturels ouvrent également les yeux sur les chances que nous avons au quotidien de bénéficier d’accès à des services primordiaux (eau, électricité, logement, enseignement,…) et sensibilisent aux acquis trop souvent mésestimés.

Le travail de Commune à Commune permet par ailleurs un rapprochement bilatéral au quotidien: il met en rapport des experts du terrain dans une vision de partage d’expérience au profit du même idéal: un mieux-vivre pour le citoyen.

Nous devons comprendre que nous sommes tous interdépendants, ce qui se passe ailleurs a en effet des conséquences dans notre pays, et prévenir vaut mieux que guérir.

– Ville de Bouillon

La Commune de Djidja communique beaucoup autour du partenariat. Tout le matériel mis à disposition et les infrastructures réalisées dans le cadre du partenariat portent la mention Partenariat Djidja-Tintigny et l’année de leur réalisation.

Une large couverture médiatique est également offerte au Programme de CIC, à travers les radios locales, lors de cérémonies se tenant dans le cadre du Programme ou encore via un reportage sur les retombés du partenariat, qui a été projeté à la population.

- Commune de Djidja

A Oupeye, les projets, ainsi que leurs évolutions, ont été présentés aux élus soit lors d’un Conseil communal, soit lors d’une Commission communale. Le bulletin communal relaie, de temps à autre, le partenariat. Je suis régulièrement invitée, en tant qu'Echevine des Affaires humanitaires, dans différentes classes des 2 réseaux scolaires pour expliquer nos actions. Certains enseignants ont un partenariat avec une classe de Gourcy.

La Commission consultative communale des Affaires humanitaires (CCCAH) suit les projets et les répercute. Elle tient un stand d’informations lors de différentes activités communales: la marche pour Gourcy, le petit-déjeuner solidaire, les brocantes de l’ONG Terre, le Salon du Temps libre,…

Lors de missions burkinabè à Oupeye, différentes rencontres sont organisées: avec les mandataires, avec le personnel enseignant impliqué dans le projet et avec des associations.

A Gourcy, la Mairie privilégie la communication participative qui facilite le dialogue entre les différents intervenants - les membres des communautés, les autorités locales et/ou régionales, les organisations non gouvernementales de la Commune, les associations de la société civile, les services gouvernementaux déconcentrés. C’est une révision des pratiques burkinabè qui met l’accent non pas sur la diffusion d’informations à sens unique ou sur la persuasion mais plutôt sur une discussion sur les actions du projet afin qu’elles soient bien comprises et acceptées.

Lors de nos visites, des rencontres sont organisées avec les intervenants cités précédemment pour parler du projet en cours et expliquer le fonctionnement de la coopération entre les 2 Communes. Durant la vie du projet, des comptes rendus sont faits à l’ensemble de la population via les élus locaux et les médias locaux.

– Commune d'Oupeye

Viser à ce que le Programme de CIC s'inscrive dans les programmes de développement du pays partenaire et collaborer avec les autres acteurs à la mise en œuvre de ces programmes.

- Ville de Lessines

L’amélioration de la maîtrise d’ouvrage communale constitue un défi important de la décentralisation, mais aussi la capacité institutionnelle de la Commune à instaurer une gouvernance transparente en passant par les dispositifs de contrepouvoir positif, et la mise en place d’instruments de gouvernance. Les joutes politiques nationales déteignent sur les communes faisant de celles-ci un espace de bataille permanent au détriment des enjeux de développement local. Dans ce cadre, les institutions ont des difficultés à tenir leur rôle: réunion du Conseil communal, de l’exécutif communal, des commissions permanentes, … Le déficit de cadres compétents et de moyens, tant au niveau de la Commune que des services déconcentrés de l’Etat, affaiblit la capacité institutionnelle des Services communaux.
La mobilisation des ressources propres constitue également un enjeu considérable en vue d’assurer la maintenance et l’amélioration des investissements publics (santé, éducation, développement économique, infrastructures,…), mais aussi la pérennité des projets et leur appropriation effective par les acteurs locaux.
L’intercommunalité quant à elle devrait assurer à terme une mise en commun des ressources pour faire face à des projets porteurs en termes de développement local. Le cadre juridique existe; reste à le faire fonctionner avec les moyens humains et financiers adéquats;

Enfin, l’aménagement du territoire constitue également une priorité afin d’anticiper les enjeux de développement de la ville en interaction avec son hinterland rural.

– Commune de Bembereke

Même si le processus est long - dans les communes rurales du Burkina Faso tout est apprentissage- nous pensons que le Programme de CIC est porteur d’avenir car durable. Le renforcement des capacités est un processus de longue haleine qui permettra aux différents acteurs de mieux s’investir dans l’accomplissement de leurs rôles et de leurs tâches. Il est normal que ces projets s’étalent sur plusieurs années, 3 ans nous semblant un délai fort court dans des programmes qui se déroulent avec bon sens sur 4 phases clairement identifiées, que sont: l'identification des partenaires (la clé du succès!), la planification (à partir du Plan de développement communal, en cohérence avec les processus locaux et nationaux), l'intervention (ou mise en œuvre), et enfin l'évaluation, qui permet de corriger l'orientation si nécessaire.

Nous pensons que l’Europe doit se donner les moyens de continuer à mettre en place, dans les pays du Sud, des programmes de développement durable, tel celui sur les compétences communales, si on veut que ces pays accèdent à l’autonomie. La priorité doit être donnée à l’appui institutionnel et au renforcement de la gouvernance locale. Il faut inciter nos pays à plus de travail en commun pour un maximum d’efficacité des aides octroyées. Un portail d’appui à la coopération internationale permet de croiser les projets européens. Il doit être utilisé au maximum pour mutualiser les projets et partager les expériences.

– Commune d'Oupeye

Le premier conseil que l'on pourrait donner est que les partenaires doivent prendre le temps de se connaître, de s’apprivoiser en quelque sorte.

Ne rien faire dans la précipitation, se parler, se rendre mutuellement visite pour commencer. Ne rien imposer à l’autre mais suggérer des choses le cas échéant, après l'avoir écouté. Faire preuve de patience; nous ne vivons pas au même rythme et, comme ils disent: "Vous, vous avez l’heure, et nous on a le temps….".

Ne pas oublier de se remettre en question aussi, de changer sa manière de faire quand cela s’avère nécessaire.

- Ville de Namur

De notre expérience, divers points doivent pouvoir être pris en compte pour favoriser des liens de coopération efficaces: l'adhésion des Conseils communaux au Nord et au Sud bien sûr, mais aussi l'inscription du Programme dans la politique nationale en fonction du domaine d'intervention.

Il faut aussi prendre le temps de satisfaire à toutes les démarches nécessaires pour permettre au partenariat de bien "s'asseoir" (signature de la convention de partenariat, ouverture d'un compte spécifique, désignation d'un coordinateur, etc.), mais aussi mettre en place un comité de pilotage, composé de membres engagés et motivés.

S'avèrent essentielles aussi l'implication de la société civile et la participation des citoyens au processus décisionnel, et bien sûr le maintien de la transparence, de l'honnêteté et de la confiance à tous les niveaux.

– Arrondissements 1 et 2 de Ouagadougou

Il faut que les mandataires s'impliquent eux-mêmes et paient de leur personne. On peut travailler avec d'excellents collaborateurs mais il y a un moment où la force de conviction du mandataire du Nord vis-à-vis d'un mandataire du Sud est décisive. Vivre de temps en temps sur place dans les conditions réelles forme la conviction, facilite la réflexion et donne aux projets un sens pratique qu'une vision du Sud éloignée des réalités du terrain et des gens ne permet pas.

– Commune de Tintigny

 
Ce document, imprimé le 18-12-2018, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be).
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