Les sociétés de logement de service public réaffirment leur engagement : garantir un logement public sûr, salubre et digne
À la suite du reportage diffusé par #Investigation de la RTBF consacré à la situation de la Sambrienne, qui a suscité de nombreuses réactions et interrogations légitimes, l’Union des Villes et Communes de Wallonie, représentant les Sociétés de logement de service public (SLSP), en collaboration avec l’Association wallonne du logement (Awal), représentant les Directions de ces sociétés, ont souhaité prendre le temps d’analyser les éléments soulevés et de consulter leurs membres avant de s’exprimer.
Cette communication intervient dans un souci de responsabilité, afin d’apporter un éclairage sectoriel et de contribuer de manière constructive au débat public sur les enjeux structurels du logement public en Wallonie.
Le secteur partage pleinement un principe simple : aucun locataire ne devrait vivre dans l’insécurité ou l’insalubrité. Le droit à un logement décent consacré au sein de la constitution guide en permanence l’action du logement public. Sécurité, salubrité et dignité ne sont pas des options : ce sont des exigences fondamentales. Toute situation susceptible de les compromettre doit appeler des réponses rapides, rigoureuses et transparentes. Le secteur soutient toute action visant à établir, avec rigueur et sérénité les responsabilités, à procéder aux démarches nécessaires et à restaurer la confiance.
Cela étant, nous ne pouvons accepter que des raccourcis jettent l’opprobre sur l’ensemble d’un secteur et ses travailleurs, occultant les réalités de terrain.
Eviter les amalgames : un terrain exigeant, un patrimoine vieillissant
Le logement public wallon repose sur l’engagement quotidien de milliers de professionnels qui, au sein des SLSP, assurent une mission de service public essentielle dans des conditions de plus en plus difficiles. Gérer un patrimoine largement vieillissant construit majoritairement dans les années 30, 50 et 70, répondre à des urgences multiples, accompagner des ménages en situation de précarité croissante et respecter un cadre réglementaire toujours plus complexe constituent un défi permanent. Rappelons également que les sociétés de logement ont subi entre 1981 et 1995 un moratoire où aucun investissement public n’a été réalisé. Ce qui provoque encore aujourd’hui des situations délicates en matière de vieillissement prématuré de nos patrimoines.
Les SLSP agissent avec rigueur et transparence, dans l’intérêt général, en composant avec les moyens - financiers et techniques – dont elles disposent. Réduire l’action du secteur à des situations localisées ne rend justice ni au travail accompli ni aux locataires.
Un secteur qui agit avec des moyens insuffisants
Les SLSP wallonnes gèrent plus de 100.000 logements, logent plus de 200.000 personnes et accompagnent près de 50.000 candidats-locataires. Elles accueillent les ménages les plus fragilisés de notre Région. Si le secteur partage l'objectif d'excellence de service mis en avant, il doit rappeler une réalité : nos sociétés travaillent dans un contexte de sous-financement chronique des travaux de rénovation et d'entretien.
Les loyers sociaux ne permettent pas aux sociétés de logement public de couvrir l’ensemble de leurs coûts de gestion, d’entretien et de rénovation du parc.
Le secteur estime qu’il serait réducteur et injuste d’imputer aux acteurs locaux, les conséquences d’un cadre de financement qui, depuis de trop nombreuses années, a montré ses limites et pour lequel l’UVCW et l’Awal n’ont cessé d’alerter la Wallonie sur cette réalité.
Dès 2015, l’UVCW/Awal a démontré que :
- Le déficit moyen s’élève à plus de 115 € par mois et par logement.
- Pour les nouveaux logements, le déficit moyen monte à 288 € par mois et par logement (et même 356 € en 2021).
Dans ce cadre, la réforme du « loyer chaud » et les moyens issus du Fond social climat, destiné notamment à la rénovation des logements publics des sociétés de logements, constitue des (premières) réponses soutenues pleinement par le secteur.
Une lecture nuancée de l’utilisation des subsides
La question de l’utilisation des subsides publics appelle une approche factuelle et nuancée. Les retards ou le non-recours à certains programmes de rénovation ne découlent pas uniquement de choix locaux. Ils s’expliquent aussi par des facteurs structurels, parfois exogènes, largement documentés et relayés par notre association : mécanismes successifs d’appels à projets, lourdeur administrative, exigences techniques imposées, problématiques diverses dans l’octroi des permis d’urbanisme, pénurie de main-d’œuvre qualifiée et inflation rapide des coûts de construction, gestion des mutations, etc.
Ces facteurs rendent l’exécution de projets particulièrement difficile dans les délais impartis.
C’est pourquoi le secteur soutient la mise en place d’un réel droit de tirage, calqué sur celui consacré pour les villes et communes, ambitionné par le Gouvernement Wallon et qui offrira davantage de souplesse, de prévisibilité et d’efficience, dans l’affectation des moyens régionaux, en fonction des réalités locales. Un tel mécanisme répondrait de manière adéquate aux difficultés d’application relevées à l’issue des précédents appels à projets.
À côté de cela, une vision à long terme pour parvenir à concilier les objectifs déterminés poursuivis par la Wallonie (PEB IV) et la pérennité nécessaire au maintien des activités, de la rénovation des logements et de la construction de logements neufs, apparait également essentielle. L’ensemble de ces actions seraient ainsi planifiées jusqu’à l’horizon 2050, date butoir pour la rénovation des 100.000 unités de logements existants, tout en mettant en œuvre de nouveaux logements durables et ouverts à un public plus large.
Gouvernance et optimisation : une opportunité de co-construction
Notre organisation adhère pleinement à l’objectif d’une amélioration continue de la gouvernance, de l’efficience et de la qualité du service rendu aux locataires. Les ambitions constituent une opportunité majeure, à la condition expresse qu’elles reposent sur :
- un dialogue structuré,
- une relation de confiance,
- une co-responsabilité assumée entre la Région, l’organe de tutelle et les SLSP.
Les mécanismes de contrôle et d’évaluation sont nécessaires et constituent la contrepartie justifiée de la responsabilisation des acteurs locaux. Ils doivent toutefois s’accompagner d’un soutien opérationnel renforcé, d’une simplification des procédures et de moyens adaptés aux missions confiées et aux ambitions précédemment décrites.
Le projet de constitution d’une Agence wallonne de l’Habitat, articulée autour de pôles locaux du logement, est à cet égard une opportunité unique pour mettre en place un nouveau partenariat avec les acteurs du logement soucieux de répondre aux attentes régionales. Plus qu’une rationalisation des structures régionales, la mise en place d’une Agence unique doit ambitionner la création d'un réel organisme d'appui aux opérateurs locaux.
Le logement public mérite un débat serein et des solutions structurelles
Entendre que le logement « mérite mieux que de la mauvaise gestion et des renoncements » a suscité une vive émotion parmi les représentants et travailleurs du secteur. Il ne s’agit pas de renoncements, mais d’arbitrages, parfois douloureux, imposés par des sous-financements chroniques des coûts de gestion, d'entretien courant et de développement, des changements dans les orientations des projets imposés par la tutelle ou la Wallonie et des remises en cause de certains programmes.
Les SLSP tiennent à réaffirmer avec force et vigueur leur professionnalisme. Depuis plus de 20 ans, elles ont évolué et se sont structurées en tant que véritables opérateurs immobiliers, piliers de l’ancrage local du logement public en Wallonie.
Les sociétés de logement de service public réaffirment leur engagement total à offrir à chaque locataire un logement digne, sûr et de qualité. Elles resteront pleinement mobilisées et disponibles pour contribuer et s’engager avec la Wallonie, de manière constructive, à toute démarche visant à améliorer durablement le fonctionnement du secteur.
Le logement public est un pilier majeur de la cohésion sociale. Il mérite un débat serein, fondé sur une analyse globale, objective des mécanismes qui sont à l’œuvre, un dialogue constructif et des solutions structurelles durables, au bénéfice des locataires et de la collectivité.
Le secteur, qui a saisi la Ministre en charge sur cette question, reste dans ce cadre pleinement mobilisé pour évoquer plus avant ces ambitions et ses attentes et contribuer ainsi, ensemble, avec la Wallonie et sa Ministre, à la réalisation des objectifs de la Wallonie.
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